La carotte et le passage à l’action

Jasmine Bennacer
2021/11/19
La carotte et le passage à l’action

Nous apprenons toujours à agir en fonction d’une finalité, d’un objectif, d’une aspiration. Et au final, nous pourrions presque dire que nous sommes éduqués de cette façon. C’est dans notre fonctionnement que de se dire que rien n’est gratuit, tout ce que nous entreprenons doit porter ses fruits, doit avoir un impact. Nous devons envisager cela, pour nous lancer. Nous avons d’ailleurs l’habitude d’entendre que le « travail paie », « tout travail mérite salaire », « on récolte ce que l’on sème », etc. Dans toutes ces expressions, il y a le principe de gratification.

Ce lundi 26 avril, le gouverneur américain de l’état de Virginie-Occidentale a annoncé que les personnes entre 16 et 35 ans qui se feraient vacciner contre la covid-19 bénéficieraient de bons d’épargnes d’une valeur de 100 dollars. Cette mesure a pour but de motiver les jeunes à se faire vacciner, c’est un moyen de les convaincre. Chaque action est entraînée par une volonté. La motivation c’est la force, consciente ou non, qui détermine un comportement. Du latin motivus, ce mot signifie le motif, le fait de se mouvoir, de bouger. En fait, c’est ce qui permet de déclencher une action. Un acte est toujours précédé d’une cause et d’un but. Rien n’arrive vraiment par hasard et rien n’est gratuit. Il y a à chaque fois une visée, une action et des conséquences. Mais alors, par quoi sommes-nous guidés ? Ou plutôt, qu’est-ce qui nous pousse à prendre telle ou telle décision ? À faire un régime, à acheter le dernier jean à la mode, ou encore à choisir de se mettre à un mode de vie plus écologique, … Nos choix sont certes précédés de causes, variées, mais elles tendent aussi vers des aspirations, vers des ambitions. Et c’est justement ici que la motivation entre en jeu. Lorsque nous agissons, nous espérons être récompensés. La récompense peut donc être le fondement d’une action. Elle apparaît sous différentes formes : monétaire, morale, affective, … C’est comme ça que fonctionne la société dans laquelle nous vivons. Tout est lien. Ainsi, lorsque nous marchons dans la rue, que nous laissons passer une personne car le trottoir est trop étroit pour deux, nous le faisons parce que nous avons appris à être poli (c’est la cause). Mais nous nous attendons tout de même à un « merci » (c’est la récompense) sans quoi nous sommes frustrés et considérons que l’autre est impoli. Plus généralement, nous apprenons toujours à agir en fonction d’une finalité, d’un objectif, d’une aspiration. Et au final, nous pourrions presque dire que nous sommes éduqués de cette façon. C’est dans notre fonctionnement que de se dire que rien n’est gratuit, tout ce que nous entreprenons doit porter ses fruits, doit avoir un impact. Nous devons envisager cela, pour nous lancer. Nous avons d’ailleurs l’habitude d’entendre que le « travail paie », « tout travail mérite salaire », « on récolte ce que l’on sème », etc. Dans toutes ces expressions, il y a le principe de gratification. Et au final, que nous réussissions ou non ce que nous entreprenons, c’est avec un projet que nous nous jetons à l’eau.

En d’autres termes, nous attendons toujours quelque chose en retour de notre acte, sinon aucun intérêt n’est suscité. C’est le principe de causalité, l’âne et la carotte, …

Le système scolaire le prouve. En effet, pourquoi étudions-nous ? Afin d’avoir de bonnes notes. C’est l’exemple même de la valorisation de nos actions. Nous travaillons pour valider le brevet, le bac, être pris dans l’université de notre choix, valider la licence, le master, le doctorat, le BEP, le CAP, et encore bien d’autres choses. C’est d’ailleurs pourquoi si nos efforts ne paient pas, nous nous sentons frustrés voire déçus. Nous fonctionnons ainsi. La récompense est présente partout, elle produit la motivation.

Le mécanisme de récompense est très intéressant. En effet, il y a dans ce processus une délivrance de dopamine. Aussi, la récompense est source de plaisir, source de satisfaction. Un autre trio vient s’ajouter et c’est le besoin, le désir et le plaisir. Ces trois éléments extrêmement liés nous permettent de donner un sens à notre vie. Le processus de récompense favorise la reproduction ou la

répétition de nos comportements. C’est indispensable à notre survit, ce processus nous fournit la motivation nécessaire à la réalisation de nos actions. Aujourd’hui, l’écologie est plus perçue comme une contrainte au sein de notre quotidien plutôt qu’une gratification personnelle. Et si les deux n’étaient pas incompatibles ? Et si nous pouvions être récompensés directement tout en adoptant un mode de vie écologique ?

À Marseille, de nombreuses personnes choisissent de ne pas trier leurs déchets parce qu’elles n’ont pas le temps. Les inciter à le faire pourrait les encourager. Cela devient de plus en plus possible et rend ainsi l’avenir de l’écologie beaucoup plus prometteur.

C’est le concept que propose WeRecy : des particuliers font le vide chez eux et sont rémunérés. Le principe est de déposer de vieux jeans complètement troués et importables, des batteries de cigarettes électroniques qui ne fonctionnent plus, des téléphones obsolètes qui ne s’allument plus en échange de récompenses diverses. WeRecy a voulu miser sur l’encouragement des acteurs. Ici, le but de la récompense est donc pousser la population à agir pour sa planète tout en étant gratifiée et félicitée.

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